
Entretien du président du CORCAS à l’hebdomadaire « La Gazette du Maroc »2
Dans un entretien qui nous a été donné à son domicile de Rabat, il a longuement évoqué la réalité, la particularité et la complexité de ce dossier ainsi que les premières actions du CORCAS qu’il préside et qui est appelé à jouer un rôle de tout premier ordre dans les mois qui viennent. Voici le texte intégral de cet entretien.
Le Conseil de sécurité de l’ONU laisse entendre que la situation de blocage dans le Sahara n’a que trop duré.
La Gazette du Maroc : Dans une première réaction, le leader du Polisario a déclaré que le projet marocain d’autonomie constituait un grand préjudice aux Sahraouis, alors que le gouvernement marocain, par le biais de son porte-parole, Nabil Benabdallah, refuse toute négociation avec le Polisario et préfère négocier directement avec la partie algérienne. En tant que président du Conseil consultatif sahraoui, quelle est votre attitude vis-à-vis de ces deux réactions contradictoires ?
Khalli Henna Ould Errachid : Le projet d’autonomie ne porte aucun préjudice aux Sahraouis. Au contraire, c’est un projet équitable qui accorde aux populations du Sahara tous leurs droits et dans tous les domaines.
D’abord, il leur rend justice en reconnaissant, sans détour, leur statut au sein de l’Etat marocain en tant que composante historique essentielle de la nation marocaine. En second lieu, l’autonomie ne porte pas préjudice aux Sahraouis au niveau de leur autodétermination.
Elle leur accorde des droits indéniables, non seulement économiques et sociaux mais surtout politiques. Autrement dit, ce projet permet aux fils de cette région d’être maîtres de leur destin et de leur terre.
Pour qu’ils puissent gérer eux-mêmes leurs affaires et leurs richesses. Il leur permet aussi de bénéficier de tous les avantages économiques et de conserver leurs coutumes dans le cadre du Royaume du Maroc. Car les habitants du Sahara ont des liens historiques et religieux profonds avec Amir Al Mouminine et Roi du Maroc.
Des liens tissés à travers des siècles par leurs pères, grands-pères et ancêtres. On ne peut, quelles que soient les circonstances, abandonner notre attachement à l’allégeance (la Bayâa). Car celle-ci implique également des droits politiques et économiques. Et c’est ce que prévoit et garantit justement ce projet d’autonomie.
Tout naturellement, et pour traduire le projet d’autonomie dans la réalité, nous sommes prêts à entamer des négociations avec le Front Polisario. Ce sont nos frères et ils font partie de notre communauté sahraouie.
Malheureusement, des circonstances particulières, motivées en particulier par les effets de la guerre froide et le conflit Est-ouest d’il y a trente ans puis la situation interne que le Maroc a connue durant une phase donnée de son histoire, ont poussé nos frères du Polisario à adopter cette attitude extrémiste.
Mais maintenant, il n’ont plus de raisons de réclamer la scission, ne serait-ce que parce que tous les droits des populations sahraouies seront garantis noir sur blanc par le projet d’autonomie.
En ce qui concerne l’Algérie, ce pays frère, ce pays arabe, musulman et africain qui affirme qu’il n’est pas partie concernée par ce conflit du Sahara, nous disons que nous croyons à cette version, mais nous allons, tout de même, vous demander d’abandonner vos rêves du passé.
Je parle avant tout des problèmes de frontières avec le Royaume du Maroc. La plupart de ces différends font maintenant partie du passé.
Nous allons demander à l’Algérie de nous aider à entamer des négociations avec nos frères du Polisario, en vue de rassembler les populations du Sahara et créer les bases d’un processus d’autonomie qui devrait leur permettre de réaliser leurs objectifs.
Ce projet permet au Maroc d’étendre sa souveraineté sur le territoire et répond aux revendications des Sahraouis aux plans politique, économique, social et culturel.
Il permet aussi à l’Algérie de conserver sa dignité et de trouver une porte de sortie honorable, puisque ce pays a aussi aidé les Sahraouis durant de longues années. Elle aura ainsi la satisfaction d’avoir aidé les Sahraouis à réaliser quelque chose de concret.
Ainsi, le projet d’autonomie est la seule solution possible pour résoudre la question du Sahara. Il n’y a aucune autre option possible, que ce soit par le bais des Nations Unies ou par d’autres puissances.
C’est aussi la base sur laquelle doit s’édifier le grand Maghreb Arabe et pour que la communauté des peuples maghrébins puissent enfin se consacrer à leurs problèmes de développement et aussi pour développer la démocratie, la coopération multilatérale et la protection de l’environnement.
Sources : le site politique du Sahara occidental :
www.corcas.com
Voir aussi : Le portail du Sahara occidental :
www.sahara-online.net
Le site de la culture hassanie :
www.sahara-culture.com
Le site des villes du Sahara occidental :
www.sahara-villes.com
Le site du développement économique du Sahara occidental :
www.sahara-developpement.com
Le site social du Sahara occidental :
www.sahara-social.com